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Une croissance exceptionnelle de la valeur des opérations de fusions-acquisitions au premier semestre 2021

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23 juillet 2021

La période particulière qu’a constitué la première moitié de 2020 explique en partie la forte augmentation de 131 % en valeur des transactions M&A dans le monde, observée en comparaison depuis le début de l’année.

Cependant, les chiffres montrent que la forte reprise constatée au second semestre 2020 s’est poursuivie presque partout dans le monde à un rythme soutenu entre janvier et juin 2021. Les transactions M&A dans les secteurs qui ont su répondre aux attentes et besoins créés par la crise sanitaire continuent de connaitre un essor important. 

Un essor des transactions M&A partout dans le monde, plus particulièrement des méga-deals

Alors que les transactions M&A avaient été stoppées net au début de l’année 2020 à l’annonce de la propagation de l’épidémie de Covid-19, la reprise extraordinairement forte de l’activité à partir de la fin de l’été dernier a poursuivi sa croissance à un rythme soutenu dans la première moitié de l’année 2021, particulièrement en valeur, avec une hausse de 131 % par rapport à la période précédente. En volume, l’augmentation est nettement moins importante et s’élève à 29 %.  La différence entre ces chiffres de croissance très élevés en valeur et plus limités en volume montrent l’explosion des opérations de grande envergure : les opérations de plus de 5 milliards de dollars ont représenté 37 % de la totalité des deals depuis le début de l’année et ceux de plus de 10 milliards de dollars, 20 %.

La croissance des opérations M&A est observable presque partout dans le monde (à l’exception notable de l’Europe de l’Est) : les États-Unis affichent une augmentation spectaculaire de 249 % de la valeur de leurs transactions, l’Asie-Pacifique a connu une hausse de 74 %, la Chine de 53 % et l’Europe de l’Ouest de 52 %. La croissance la plus rapide a été observée en Amérique latine et en Afrique sub-saharienne. 
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En France, cette croissance exceptionnelle est également ‬observée au premier semestre 2021 avec une augmentation de 67 % en valeur des transactions par rapport à la même période en 2020 et de 48 % en volume. Les opérations ont atteint les 104.3 milliards de dollars, un montant qui n’avait pas été atteint depuis 3 ans. Plusieurs opérations d’envergure sont encore en cours et devraient aboutir dans la deuxième moitié de l’année comme le rapprochement entre S‪uez et Veolia, estimé à 12.4 milliards de dollars. ‬‬‬‬‬‬‬

Le boom des secteurs résilients face aux crises

Les transactions M&A ont connu une croissance dans l’ensemble des secteurs de l’économie mondiale, mais à des vitesses très différentes. Les secteurs de Télécoms, Media et Technologies (TMT) ainsi que celui de la santé ont connu des augmentations exponentielles, avec respectivement +321 % et +264 %, par rapport à la même période en 2020. Ces chiffres exceptionnels s’expliquent par l’importance qu’ont pris ces secteurs pendant la crise, du fait de la nécessité de trouver des solutions aux problématiques sanitaires posées ou grâce à leur résilience face aux contraintes de confinement. Les secteurs qui ont été touchés frontalement par la crise connaissent une croissance plus discrète, c’est le cas de l’immobilier, des biens de consommation et des services financiers. 

La prise en compte du changement climatique et des questions énergétiques a également été au cœur de l’entrain pour les opérations M&A cette année. L’hydrogène en est le parfait exemple, grâce à ses nombreux domaines d’application (à la fois en termes de mobilité, en remplacement du gaz naturel, à destination des particuliers comme des industriels, etc.). La plupart des opérations de fusions-acquisitions liées à l’hydrogène ont été des coentreprises (joint-ventures) ou des accords de collaboration. Les exemples cette année foisonnent : la coentreprise entre Toyota et cinq entreprises automobiles chinoises pour développer des piles à combustible à hydrogène pour les véhicules utilitaires, celle entre Hyundai et H2 Energy pour la création de camions roulant à l’hydrogène vert ou encore la coentreprise entre Daimler et Volvo également sur des piles à combustible. Ces opérations ont toutes les chances de continuer à prendre de l’ampleur dans les années qui viennent, au diapason de la montée des impératifs écologiques.

Les SPAC connaissent un ralentissement général, même si l’Europe et l’Asie commencent à s’en emparer

L’engouement pour les SPAC, particulièrement aux États-Unis, constaté en 2020 et au premier trimestre 2021, a connu une forte baisse à partir d’avril, même si ces derniers sont désormais de plus en plus présents en Europe et en Asie. Au premier trimestre, 310 SPAC, ces véhicules financiers qui constituent une alternative à l’introduction en bourse traditionnelle pour les entreprises, ont été créés dans le monde, pour un montant de 95.5 milliards de dollars. Ce chiffre est tombé à 76 au deuxième trimestre, pour un montant de seulement 14.6 milliards de dollars. De nombreux facteurs peuvent expliquer cette soudaine chute: 

  • Un ralentissement du marché des actions et la crainte de la vulnérabilité à la hausse des taux d’intérêt ;
  • Des performances mitigées, avec des pertes de valeur enregistrées lors de la fin du SPAC ;
  • L’anticipation de nouvelles réglementations qui pourraient être introduites pour favoriser la transparence des SPAC.

Cette période ne marque pas la fin de l’utilisation de ces véhicules financiers, mais l’euphorie semble retomber et l’on constate un ralentissement. Néanmoins, leur importance grandissante sur les marchés européen et asiatique nuance ces analyses. La place d’Amsterdam a notamment donné le ton en matière de création de SPAC en Europe avec la construction d’une offre solide. Entre 10 et 15 SPAC devraient y être lancés cet été. En Asie Pacifique, l’intérêt pour ce type de véhicule est corrélé au nombre élevé d’entreprises technologiques dîtes « licornes », évaluées à plus d’un milliard de dollars, présentes dans cette zone. C’est notamment à Singapour qu’a été faite la plus grande acquisition grâce à un SPAC : l’application multifonctions au plus de 100 millions d’utilisateurs Grab est entrée en bourse lors d’une fusion avec Altimeter Growth Corporation évaluée à plus de 40 milliards de dollars.

« L’explosion des transactions M&A de large envergure s’explique par un regain de confiance des dirigeants dans l’économie, qui les pousse à se développer en externe. Mais la crise sanitaire a laissé des traces et de nouvelles habitudes s’installent : de plus en plus de transactions incluent désormais des clauses qui permettent aux parties prenantes de se protéger en cas d’événements imprévus. Cependant ces nouvelles manières de contractualiser ne vont pas entamer l’envie des entreprises de continuer à se consolider pour le reste de l’année 2021, à l’aune des bons résultats économiques mondiaux. Cela pourrait donc annoncer une année record pour les opérations de fusions-acquisitions », analyse Frédéric Moreau, avocat associé du département Fusions & Acquisitions du cabinet Allen & Overy Paris.