Cookies on our website

We use cookies on our website. To learn more about cookies, how we use them on our site and how to change your cookie settings please view our cookie policy.

Read more Close
Skip Ribbon Commands
Skip to main content
Sign In

News

Recul des Fusions-Acquisitions au 1er trimestre 2019 : chute ou pause ?

 

23 avril 2019

  • Le premier trimestre 2019 connaît le départ le plus lent depuis 2009, avec un recul de 23% de la valeur et de 33% du nombre d’opérations par rapport à la même période l’année dernière ;

  • Le recul est particulièrement marqué pour les opérations de taille importante : le nombre d’opérations d’une valeur supérieure à 5 milliards de dollars connait une baisse de 33% ; celui des opérations d’une valeur supérieure à 10 milliards, une baisse de 40% ;

  • Dans ce contexte, la France résiste et affiche un dynamisme relatif par rapport aux autres pays du panel avec une hausse de 55.7% de la valeur des opérations par rapport au premier trimestre 2018, alors que le nombre de transactions a baissé de 10% par rapport à la même période l’année dernière.

  • Les entreprises poursuivent leur transformation numérique avec 183 milliards de dollars investis dans le secteur des technologies, médias et télécommunications (TMT).

Avec un recul de 23% en valeur et de 33% en volume par rapport à la même période l’année dernière, tous secteurs économiques confondus, le marché des fusions-acquisitions a connu, au premier trimestre 2019 son départ le plus lent depuis 2009. Selon le rapport du cabinet Allen & Overy, cette tendance s’explique non seulement par le contexte de ralentissement de la croissance mondiale et d’accroissement des tensions politiques et commerciales internationales, mais également par le renforcement des contrôles des autorités de régulation dans la plupart des régions du monde.

Toutefois, certaines tendances positives perdurent : le secteur des technologies, médias et télécommunication (TMT) reste dynamique (voir ci-dessous), un stock important d’actifs reste disponible à la vente, les procédures de vente par enchères (auctions) continuent d’attirer les acteurs du private equity et des secteurs stratégiques.

Par ailleurs, en France, contrairement à la tendance générale en Europe et dans le monde, les opérations de taille importante sont en progression au premier trimestre 2019, avec une hausse de la valeur des opérations de plus de 55,7%, atteignant un montant total de 14.7 milliards de dollars contre 9.4 milliards en 2018, alors que, dans le même temps, le nombre de transactions a baissé de 10% par rapport à 2018.

Un contexte de renforcement du contrôle des autorités de régulation

Le rapport Allen & Overy souligne le renforcement des règles relatives au contrôle des investissements étrangers dans de nombreux Etats ainsi que la sévérité grandissante des autorités de concurrence. En témoignent les 29 transactions, d’une valeur totale de plus de 46,3 milliards d’euros, qui ont ainsi été interdites ou abandonnées en 2018 aux Etats-Unis, en Chine et dans l’Union européenne, pour des raisons liées au contrôle des concentrations.

image1.png

Les projets de l’Union Européenne visant à coordonner les procédures de contrôle des investissements étrangers pourraient rendre la pratique de ces opérations encore plus complexe.

Le numérique, catalyseur stratégique des opérations M&A

En dépit de la baisse générale du nombre des opérations, et malgré son recul de 39% par rapport à son niveau du premier trimestre 2018, le secteur des technologies, médias et télécommunications (TMT) demeure dynamique. Il est, au cours de la période, au deuxième rang en termes de valeur, avec un montant total de transaction de 183 milliards de dollars.

Il talonne le secteur de l’énergie et des infrastructures premières avec 185 milliards de dollars et dépasse les investissements réalisés dans les sciences de la vie à hauteur de 163 milliards de dollars.

image2.png

En pleine transition numérique, les entreprises traditionnelles ne peuvent faire l’économie d’investissements technologiques majeurs pour réinventer leur fonctionnement et les services qu’elles proposent. La conclusion de partenariats et le rachat d’entreprises dans ce secteur constituent aujourd’hui des axes de développement incontournables pour les grandes entreprises. A titre d’exemples :

- Toyota a, durant les 18 derniers mois, investi 1 milliard de dollars dans Grab, une société de covoiturage d’Asie du Sud-Est, et 500 millions de dollars dans le développement de véhicules sans conducteur pour Uber. Dans le même temps, elle a ciblé des jeunes entreprises spécialisées dans les technologies de pointe liées à l’IA, la robotique, la conduite autonome et le big data ;

- BMW a également annoncé en février 2019 un investissement d’1 milliard d’euros dans la création d’une entreprise commune avec Daimler pour développer des voitures autonomes et électriques.

En parallèle, les entreprises du secteur des technologies accélèrent leurs efforts pour pénétrer de nouveaux marchés. Elles multiplient les investissements dans des sociétés émergentes en misant sur leurs capacités disruptives. C’est notamment le cas des licornes asiatiques.

- Le développement de Go-Jek, première plateforme digitale de transport d’Indonésie, est caractéristique de cette tendance, à l’heure où le commerce en ligne s’impose dans les nouvelles habitudes de consommation du pays. Implantée depuis peu au Vietnam, aux Philippines et à Singapour, l’entreprise s’est diversifiée pour devenir une application qui propose un éventail de services « lifestyle ». Elle possède désormais son propre studio de production de contenu numérique, ainsi que son propre fonds de capital-risque.

S’exprimant sur ces résultats, Frédéric Moreau, membre de l’équipe Corporate d’Allen & Overy à Paris, commente : « Les commentateurs annoncent depuis quelques temps la fin du cycle de croissance du marché des fusions-acquisitions, le plus long jamais enregistré. On observe effectivement en ce premier trimestre 2019 un ralentissement de l’activité M&A.

Malgré une période de turbulences liée aux problématiques protectionnistes, aux tensions commerciales, notamment entre la Chine et les Etats-Unis, ainsi qu’aux incertitudes politiques et risques juridiques avec la menace d’un hard-Brexit, le marché reste prometteur : des tendances positives perdurent, certains secteurs enregistrent de beaux résultats et la France se démarque avec une progression des opérations de taille importante. »

 

Auteur

 

Nouvelle recherche




Avocat en relation



  • Add comment (optional)